Shroomtober : treize champignons, quatre jours de retard

2026-10-12 par Horacio Gonzalez

J'aurais dû le voir venir

Les deux premières figurines de Shroomtober côte à côte : l'Amanite Shroomfolk au chapeau rouge à pois qui salue, et la Chanterelle Cueilleuse au chapeau doré en entonnoir, avec son panier de baies

La dernière ligne de mon billet sur Gnomesummer, c'était Attention aux champignons. Un clin d'œil aux gnomes des livres, assez petits pour s'abriter sous l'un d'eux. Deux mois plus tard, les champignons ont leur propre projet.

Il s'appelle Shroomtober, et il a commencé comme mes projets commencent apparemment désormais : avec quatre jours de retard sur le mois d'octobre. Et ce billet arrive encore une semaine après. Au moins, je suis constant dans le retard.

Le rythme que j'essaie cette fois

L'an dernier, Goblintober était un sprint quotidien : un gobelin par jour, 31 jours, un thème imposé pour chacun. J'ai adoré, mais avec le recul, la contrainte réfléchissait à moitié à ma place. Gnomesummer, c'était l'inverse : cinq gnomes sur tout un été, et le temps de rester avec chacun jusqu'à ce qu'il ait une vraie vie intérieure.

Shroomtober essaie de garder le meilleur des deux. Le calendrier d'octobre des gobelins, le rythme plus lent et centré sur les personnages des gnomes. L'objectif : 13 figurines en papier avant Halloween. Treize parce que c'est le bon nombre pour la saison, et parce qu'en commençant avec quatre jours de retard, promettre 31 aurait été me tendre un piège à moi-même.

Pas de rythme quotidien. Juste une échéance.

Pas de liste, exprès

C'est la partie vraiment nouvelle pour moi. Avec Goblintober, j'avais toute la liste dès le premier jour. Cette fois, non.

J'ai quelques idées sur les autres habitants de cette petite colonie, mais je vais les découvrir en dessinant. Le vrai champignon vient d'abord : sa forme suggère qui est le personnage, et le personnage suggère ce qu'il fait dans les bois. Si une meilleure idée arrive en milieu de mois, elle entre.

Et ce n'est pas une bande de guerriers. Les gobelins étaient une armée ; les gnomes, un village obligé de se défendre. Les Shroomfolk ne combattent personne. Ils cueillent, ils portent des choses, ils font leur vie de champignons.

La seule règle que je me suis fixée : chaque nouveau champignon doit avoir sa propre silhouette. À l'échelle d'une figurine papier, c'est le chapeau qui parle. Si deux d'entre eux se ressemblent vus de l'autre bout de la table, il faut en redessiner un.

N° 1 : l'Amanite Shroomfolk, l'espèce avant les métiers

Planche de personnage en trois vues pour Shroomtober n° 1, l'Amanite Shroomfolk : un petit personnage champignon beige et souriant, au chapeau rouge à pois blancs, aux lamelles crème bien visibles, aux bras courts et aux pieds nus démesurés

Pas d'armure. Pas d'armes. Pas de pantalon. Juste un champignon à qui ont poussé, on ne sait trop comment, des bras, des pieds énormes et un sourire.

J'ai dessiné le premier volontairement simple. Avant de dessiner un champignon avec un métier, il fallait savoir ce qu'est un Shroomfolk : deux points pour les yeux, une petite courbe pour la bouche, un pied qui se prolonge tout simplement en corps, et des pieds bien trop grands pour lui. Tous ceux qui suivront hériteront du visage, de l'attitude et des pieds, et changeront le reste.

Chaque figurine commence par une planche comme celle-ci : vues de face, de profil et de dos, avec les pastilles de la palette en haut. Une poignée de couleurs seulement, et c'est le rouge qui fait presque tout. Ensuite, le recto et le verso passent sur une bande de 55 mm, prête à imprimer, découper, plier et socler :

La figurine papier de l'Amanite Shroomfolk, recto et verso sur une bande de 55 mm

N° 2 : la Chanterelle Cueilleuse, la première avec un métier

Planche de personnage en trois vues pour Shroomtober n° 2, la Chanterelle Cueilleuse : un personnage champignon élancé, jaune pâle, au large chapeau doré ondulé en forme d'entonnoir, portant un panier tressé rempli de baies rouges et de verdure

La deuxième a du travail : un panier tressé presque plein de baies et de verdure, et un air très content d'elle.

C'était le premier vrai test de la règle des silhouettes. Le piège facile, c'était de dessiner « l'Amanite, repeinte en orange ». Ce qui l'a sauvée, c'est la chanterelle elle-même : le chapeau s'évase vers le haut en entonnoir ondulé au lieu de retomber en dôme, et les plis descendent jusque dans le pied. Le corps est donc devenu plus haut et plus fin, les pieds un peu plus étroits, et la palette est passée au doré. Même visage, mêmes pieds. Un air de famille, une autre forme.

La figurine papier de la Chanterelle Cueilleuse, recto et verso sur une bande de 55 mm

Et ensuite ?

Honnêtement, je ne sais pas encore, et c'est ça qui est amusant. Onze autres champignons attendent quelque part dans les bois, et je découvrirai qui ils sont quand le crayon les trouvera.

2/13. 🍄

À bientôt,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany


Shroomtober est publié par Korrigan Press, où se trouve le billet de présentation du projet. Les avancées sont sur Instagram @lostinbrittany avec le hashtag #Shroomtober.